Une page de ma vie se referme à jamais.

Maman, tu es montée dans ce train avec ta maman qui te demandais depuis plusieurs mois de monter dans ce foutu train. Avec Papa, nous avons tout fait pour que tu ne montes  pas rapidement. Nous avons invoqué et provoqué tous les retardements possibles….. Même s’il y a  eu des moments pénibles, difficiles.

Mais le 12 décembre la tentation a été la plus forte, tu es montée dans ce train …..Sur cette gare imaginaire tu nous laisses seuls sur le quai avec Papa et Lola. Tu sais ta louloute d’amour comme tu l’appelais quand elle venait te câliner les jours d’orages et te rendre visite tous les soirs pour te faire les bisous du soir. Elle est toute triste, elle aussi.

Tu as été et tu es une bonne maman…… Un peu trop mère-poule (quand même !) bon faut rester réaliste, mais une maman extraordinaire …..Qui m’a couvet quand enfant je faisais des bêtises tu allais réparer en douce. Tu me préparais de bons plats ( tu savais que j’étais gourmand et comment résister à ta cuisine, tellement bonne ).

Tu as consacré ta vie à ta famille, ton mari et à moi et je t’en remercie, même si tu avais ton caractère, tu étais la à chaque instant pour nous. Tu as été et tu es  une femme extraordinaire . Tu as connu des moments difficiles aussi mais sans les montrer, toujours présente et attentionnée. La vie s’est déroulée au fil des années.

Et la maladie d’Alzheimer est arrivée peu à peu, elle a pris plus de place tout doucement, tranquillement sans que personne ne se rende compte qu’elle allait changer nos vies.

Il y a des jours eu d’espoirs ou tous les trois ont pensé vaincre cette maudite maladie, tu rigolais, tu étais là avec nous, même si tu avais décidé de ne plus marcher, le kiné venait tous les jours pour te faire des exercices. Je venais tous les jours pour te préparer des petits plats maison, ( bon j’avais opté pour des surgelés mixés au début et des petits pot pour bébé à la fin), mais tu aimais “ma cuisine” quant tu me reconnaissais. Mon plus grand bonheur était quand tu me réclamais un bisou  en plus avant de partir. Je ne pouvais pas résister, même si tu m’avais énervé lorsque je te donnais à manger. Comment refuser, cela était impossible.

Tu avais appris à cracher la bouche pleine…. Rhoo tu rigolais quand la nourriture atterrissait sur ma chemise et les mois sont passés et la technique de l’éternuement avec la bouche pleine a fait son effet…. Tu as eu toujours une longueur d’avance et la j’avoue, Chapeau bas Madame .. Tu étais été au top.

Mais ce soir je suis venu avec Lola, tu dormais profondément. Je t’avoue que je ne t’ai dis que Bob était parti en voyage lui aussi au mois d’aout 2016. Je sais que tu me demandais régulièrement de ces nouvelles  et je t’inventais des excuses et je te prie de me pardonner, mais cela était pour ton bien.

Tu es partie aujourd’hui à 13 h rejoindre ta maman, ton papa que tu appelais tous les jours. Ce départ est bien sur trop tôt, trop brutal, mais tu as fait le bon choix  tu est libre maintenant, heureuse et je sais que tu veilles sur nous nous.

Je me moque des critiques, des réflexions que l’on nous a fait sur la gestion de ta maladie. Personne n’étais là quand que tu allais mal.

Je te souhaite un bon voyage et sache que je t’aime ma maman.

Ton fiston

étoile-de-bethléem1